C'est que m'a dit Peter Koenig dans le « Séminaire sur l’argent » que j'ai suivi récemment. C'est un cours étonnant que je recommande à tous. Peter a une vision originale des problèmes liés à l’argent. D’après lui, l’argent n’est pas un problème : c’est simplement un moyen d’échange. C’est notre relation à l’argent qui est à la source de difficultés comme celles de la crise financière. Par exemple, nombreux sont ceux qui ont peur de manquer d’argent pour assurer leur sécurité. C’est une illusion. Quelle que soit la fortune qu’ils possèdent, ils auront toujours le sentiment de ne pas en avoir assez pour être enfin à l’abri. Ils passeront leur vie à amasser sans fin. En réalité, nous avons en nous tous les moyens de se sentir en sécurité, avec ou sans argent.
Voici l’extrait d’une interview de Peter Koenig publiée récemment :
« On dit que la crise signifie changement et opportunité de croissance. Quels pourraient être les bénéfices de la crise ?
Peter Koenig : En général, le bénéfice principal de cette crise est de nous éloigner du monde fictif, abstrait que nous prétendons être la réalité et que nous appelons «normal». Cette fiction est reflétée par le système financier depuis sa conception en 1692. La crise nous ramène à la réalité et nous rapproche de la nature. Un salutaire retour aux sources .
La croissance potentielle que je vois apparaître ne se situe pas au niveau matériel. Nous avons assez de biens matériels et la crise agit comme un frein dans ce domaine. Bien qu’il y ait des craintes justifiées dans cette évolution, je présume que nous découvrons de nombreux bienfaits. Ce sont par exemple une baisse des prix des biens de commodité et des denrées alimentaires, un renversement de la disproportion de pouvoir d’achat entre les riches et les pauvres qui commençait à nuire à ces deux catégories.
Je vois une opportunité de croissance en terme immatériels, comme un stimulant dans la prise de conscience et l’intelligence. Personnellement, j’aimerais voir plus de gens chercher le sens profond de l’argent, les mécanismes qui le mettent en mouvement, et accepter la responsabilité du système tel qu’il est, plutôt que de reporter la responsabilité et l’opprobre sur les politiciens et les banquiers. Nous avons tous joué un rôle dans le système d’une manière ou d’une autre mais la plupart des gens n’en ont pas conscience. En assumant cette responsabilité, fondée sur une information et un enseignement appropriés (pas ceux enseignés sur l’argent dans les écoles !), nous évoluerons ensemble vers des systèmes plus intelligents.
Dans l’immédiat et concrètement, j’ai une proposition simple pour ceux qui veulent bien essayer, appropriée aux circonstances actuelles. Elle consiste en un simple exercice de pensée. Imaginez que le système financier s’éffondre demain. Y a-t-il quelque chose que vous choisiriez de faire que nous ne faites pas maintenant, ou que vous arrêteriez de faire ? Ma suggestion est que vous fassiez ou que vous arrêtiez de faire ce quelque chose immédiatement ! »
A lire : « 30 mensonges sur l’argent » de Peter Koenig, édition ViaMedia.


La question en effet est de se demander si l'argent venait à disparaitre qu'est ce que nous continuerions de faire ou de pas faire ? Cela apporte précisément le biais qu'amène l'argent dans nos vies.
Mais il faut cependant obtenir de l'argent pour assurer les besoins et vivre dans quelque chose, se nourrir, les besoins fondamentaux.
On joue dans ce système économique inventé pour faciliter les échanges jusqu'à ce que l'argent devienne une fin en soi.
Rédigé par: Mathieu | 01 mai 2009 à 14:47
Excellente observation. J'espère que la crise va permettre à tous de se rendre compte que l'argent n'est pas une fin en soi, que ce soit dans la gestion du business ou dans la vie personnelle.
Rédigé par: bsarazin | 01 mai 2009 à 14:57